Tutoriel Photo : Photographie animalière en Patagonie
- Kevin Read

- 19 sept.
- 6 min de lecture
Même si beaucoup de photographes viennent à Torres del Paine pour ses paysages, c’est aussi un endroit génial pour la photographie animalière en Patagonie, avec de nombreuses occasions de capturer les guanacos qui se promènent en petits groupes sur les collines. Proches cousins des lamas, les guanacos vivent partout dans les montagnes d’Amérique du Sud, et on les croise souvent à travers toute la Patagonie.
Je n’ai pas beaucoup d’expérience en photographie animalière ; quand j’installe mon appareil, j’ai plutôt l’habitude d’attendre patiemment la lumière sans que la scène ne change vraiment. Mais pour la photo que j’avais en tête, il allait falloir que je sorte de mes habitudes et parte à la chasse à des sujets bien plus mobiles.

Le résultat de cette aventure était autant une photo de paysage qu’une photo animalière, et je tenais vraiment à ce que les montagnes et les guanacos soient les deux sujets principaux de l’image. Trouver les animaux, au bon endroit, avec la bonne lumière, allait être un vrai défi, surtout avec une composition aussi précise en tête. Il m’a fallu trois tentatives, sur trois jours différents, avant que la photo prenne enfin forme.
Jour 1 – À la recherche des animaux à Torres del Paine
Le premier jour à la recherche des guanacos, mon ami et moi sommes partis de Salto Grande, au centre du parc Torres del Paine, et avons roulé lentement sur la route menant à l’entrée est du parc.
Je ne savais pas du tout si c’était courant de voir des guanacos, ni si c’était le bon moment de la journée, mais avec quelques heures à tuer sous la lumière dure de midi, ça me semblait la meilleure façon d’occuper le temps avant que la lumière ne s’améliore au coucher du soleil. Je n’avais jamais visité l’est du parc et je ne savais pas à quoi m’attendre côté paysages, mais j’avais lu que c’était le meilleur secteur pour photographier les animaux. Ça me paraissait un bon point de départ.
On était presque à l’entrée est du parc quand on a repéré des guanacos devant nous, en train de descendre une colline. Heureusement, il y avait un petit parking, et on est partis à pied avec nos téléobjectifs, avançant doucement derrière les rochers pour rester à bonne distance et ne pas les effrayer.

Avec un objectif de 200 mm, je pouvais m’approcher suffisamment pour faire un portrait, et j’ai eu la chance de trouver ces trois-là alignés par terre en train de déjeuner. J’étais super content de pouvoir les photographier, surtout qu’ils étaient tournés vers la lumière, ce qui faisait bien ressortir les détails de leur pelage et de leur visage. C’étaient les premiers guanacos que je voyais en Patagonie, et j’avais déjà une image.
Mais ce n’était pas vraiment la scène que j’espérais, et le paysage derrière les guanacos était plat et sans intérêt. On était très à l’est, avec les montagnes des ‘cuernos’, les fameux sommets en forme de cornes de Torres del Paine, très loin, remplacés par un décor nettement moins spectaculaire.

Là, j’ai photographié un seul guanaco devant des couches de collines et d’arbres, avec une montagne en arrière-plan ; exactement le type de structure que je voulais pour mon image des guanacos. J’avais la lumière et les animaux, mais le paysage était trop fade pour être autre chose qu’un simple arrière-plan. C’était une jolie photo, mais j’étais déterminé à faire mieux.
Jour 2 – Deuxième tentative
Quelques jours plus tard, j’ai eu une nouvelle occasion de retourner à l’est du parc pour chercher à nouveau des animaux. On avait passé le début de matinée à photographier le lever de soleil à Salto Grande, et il nous restait du temps libre pour explorer après que le soleil soit bien levé et que la meilleure lumière commence à disparaître.
Le point de vue le plus intéressant sur les sommets n’était pas aussi à l’est que là où on avait vu les premiers guanacos, donc on a trouvé un coin où le paysage était plus joli et on a attendu que les animaux viennent à nous. Cette méthode pouvait signifier ne croiser aucun guanaco, mais au moins, tous les éléments de la composition seraient en place s’ils apparaissaient.

En moins d’une demi-heure, un groupe de guanacos est arrivé par une crête et s’est installé juste devant moi, exactement là où je voulais les placer dans ma composition. Je voulais capturer les guanacos comme premier plan devant les montagnes et les équilibrer avec les sommets, pour avoir deux sujets dans l’image, et ils s’étaient posés pile au bon endroit.
Cette scène était presque exactement comme je l’avais imaginée, mais la composition n’était pas encore parfaite. Les guanacos étaient trop petits et regardaient tous dans des directions différentes, donc ils ne formaient pas un sujet unique pour la photo. La lumière était aussi compliquée ce jour-là, avec de gros nuages et seulement de brefs moments de soleil sur le paysage. J’ai pris des dizaines de photos, espérant que les guanacos se regrouperaient et que la lumière tomberait parfaitement sur la scène, mais ça n’a pas marché.

J’ai quand même réussi à isoler ce guanaco seul sur une crête avec les sommets derrière, et je me suis dit que ce serait peut-être ma meilleure photo animalière du voyage. Les montagnes donnaient une impression d’échelle inhabituelle à la photo, et le guanaco était éclairé par une tache de soleil juste au moment où il regardait au loin, dans le cadre. J’adorais l’atmosphère de cette scène et la façon dont le guanaco attirait l’œil, même s’il était tout petit dans l’image.
Mais j’avais envie d’une nouvelle tentative.
Jour 3 – Les guanacos coopèrent
Il a fallu attendre encore quelques jours avant d’avoir une troisième occasion de rouler vers l’est et de passer une nouvelle matinée à chercher les animaux. Les paysages et les compositions potentielles étaient tellement chouettes à notre précédent spot qu’on y est retournés pour une autre tentative.
Il y avait moins de nuages le troisième jour, avec des taches de lumière qui balayaient le paysage – des conditions idéales pour photographier en pleine journée. Au début, on pensait devoir attendre les guanacos, mais on a vite vu qu’ils étaient déjà là, en train de marcher sur la colline vers nous. Sans avoir à bouger, les guanacos sont venus à moi alors que j’attendais avec l’appareil.

Même si les guanacos et moi étions à peu près au même endroit que lors de ma visite précédente, j’avais réussi à me placer un peu plus bas et un peu plus près, trouvant enfin la composition que je voulais. L’angle sur les montagnes était parfait, avec trois sommets alignés et éclairés par le soleil du matin. Les guanacos étaient plus grands dans le cadre et jouaient vraiment le rôle de second sujet, au lieu de se perdre dans l’image.

D’autres guanacos sont arrivés pendant que j’attendais et se sont rassemblés en petit groupe pour brouter l’herbe. Quelque chose derrière moi les intriguait, et j’ai passé un moment à suivre leur regard et à chercher avec mon téléobjectif, au cas où ce serait un puma. Mais leur vue était bien meilleure que la mienne, alors je me suis concentré sur ma composition avec les guanacos.
Avec les animaux en place, la lumière intéressante et les sommets bien positionnés, il ne me restait plus qu’à attendre que les guanacos se comportent comme un groupe. Je voulais les photographier tous debout, regardant à peu près dans la même direction, pour qu’ils forment un premier plan cohérent.
Avec leur attention portée au loin, ils avançaient lentement dans le paysage, se relayant pour baisser la tête et manger pendant que les autres restaient aux aguets, surveillant les alentours. Ils ne faisaient pas attention à moi, qui trébuchais dans les buissons et les cailloux en essayant de garder mon cadrage, attendant que leur position et la lumière s’alignent.
Finalement, après trois jours d’essais et de nombreuses heures à tester des compositions et des idées, la photo s’est assemblée comme je l’espérais.

Améliorer sa photographie
J’ai passé un mois en Patagonie pour photographier les paysages et vraiment progresser dans ma pratique photo. L’un des plus gros avantages d’avoir autant de temps, c’était de pouvoir retourner sur les mêmes lieux et retravailler les idées pour affiner et améliorer mes images.
Cette photo, c’est une histoire de persévérance et de se pousser, en tant que photographe, à chercher la meilleure image qu’on puisse créer. J’étais content de beaucoup d’images prises pendant ces trois jours d’exploration, mais je me demandais toujours comment je pourrais faire encore mieux. Si j’avais eu plus de temps, j’aurais recommencé, en espérant créer une image similaire mais avec plus d’espace entre les guanacos. Il n’y aura jamais LA photo parfaite, mais tout le plaisir de la photo, c’est de la chercher.
Trouver l’endroit
Il n’y a pas UN seul bon endroit pour photographier les guanacos à Torres del Paine, mais cette photo a été prise ici, là où il y a un bon parking et une vue magnifique sur les montagnes. On peut vraiment se déplacer dans ce paysage et varier les compositions ; il ne manque plus qu’une dose de chance pour réussir la photo. Si vous avez beaucoup de chance, peut-être que vous tomberez sur un puma.


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